Les débuts de l’industrie du tulle à Calais remontent à l’importation des premiers métiers à Saint Pierre-les-Calais par les Anglais Webster et Clark. Quatre métiers fabriquaient un tulle uni.
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Dès 1821, environ cinq ans après l’arrivée des premiers Anglais, on compta bientôt 210 personnes qui travaillent sur trente huit métiers appartenant à une dizaine de fabricants. Le matériel et la matière première parviennent à Calais  par  la  contrebande car l’importation du
tulle anglais est interdite en France. Peu à peu la main-d’œuvre calaisienne va contribuer à la construction des machines sous le contrôle des cadres anglais. Progressivement les ouvriers locaux intègreront l’encadrement puis celui des fabricants.
En 1830, le calaisis (St-Pierre et Calais) comptent 113 fabricants pour 256 métiers. 65 sont des exploitants anglais et les entreprises sont petites pour la plupart avec un seul métier. Seuls six exploitants ont plus de cinq métiers. C’est à cette époque qu’apparaîtront les premiers métiers Leavers qui produiront un tulle plus fin et de qualité supérieure.
Des négociants calaisiens investissent dans la fabrication et le commerce du tulle. C’est aussi à partir de cette période que la révolution de la machine à vapeur et du système Jacquard lyonnais vont transformer peu à peu la production de tulle en production de dentelle mécanique.

La dentelle à Calais

L’alliance du système Jacquard et du métier Leavers sera la clé de l’industrie dentellière dans les années 1840. L’imitation de la dentelle à la main devient presque parfaite.
La première machine à vapeur sera installée chez Pearson et Webster à Saint-Pierre. Ces machines à vapeur transmettent la force motrice aux métiers Leavers et aux autres machines par des systèmes de poulie et d’arbre à came dans l’usine.
En 1854, 16 machines à vapeur existent dans la ville. Le développement va entraîner la construction d’usines de plus en plus vastes avec une concurrence entre Calais qui manque de place et Saint-Pierre qui a de l’espace et des prix bas. Il s’ensuivra une génération d’usines bâties à la fin XIXe siècle.
Les citées jumelles vont connaître une rivalité aussi dans leur population. Le développement de l’industrie dentelière à Saint-Pierre conduira à une augmentation spectaculaire de sa population – 14 800 en 1861 – 17290 en 1866 – 20410 en 1812.De ces constructions subsistent de nos jours, l’usine Boulart (futur musée), l’usine Gaillard (Collège des dentelliers), l’usine Lefebvre (rue Auber). Ces usines étaient construites en milieu urbain et entourées par les habitations, les petits commerces et les estaminets.